Le travail autour d’un tour

On me demande régulièrement comment on travaille ou on crée un tour.

Dans la création d’un tour, on part souvent d’un effet souhaité. La solution arrive a posteriori. Le magicien suisse Roberto Giobbi évoque le fait de faire une « mind-map« . Pour être un peu plus explicite, on part de l’idée et on trace des liens entre des idées, puis des solutions techniques, jusqu’à choisir un chemin qui va être le tour fini. Je ne peux malheureusement pas être plus précis sans en trop dévoiler mais vous pouvez retenir l’idée qui peut s’appliquer à d’autres domaines moins confidentiels.

Pour le travail d’un tour existant (d’un autre magicien ou même acheté), j’ai personnellement l’habitude d’éviter de le voir comme étant un élément qui se suffit à lui-même (cela peut arriver mais ce n’est pas si courant que ça). J’essaie de le mettre en perspective avec d’autres tours avoisinant à partir duquel on peut créer un enchaînement. Certains tours, par exemple, sont dits des « openers », c’est-à-dire pour ouvrir, commencer une série de tours. Cela peut être de simplement faire mélanger un jeu de cartes et de produire les as mais cela peut être plus complexe.

Les tours existants viennent avec une histoire, un thème que l’on peut changer, car faire un tour d’un autre, cela peut marcher mais comme pour beaucoup d’art, il convient, je pense, de s’approprier, se le faire plus correspondre à sa personnalité/personnage.

Vous pouvez vous apercevoir qu’un tour, ce n’est pas simplement acheter du matériel, cela va au-delà de ça ! Bien au-delà ! La présentation, la mise en perspective, cela prend du temps ! Et parfois, on ne trouve pas de suite, c’est pour cela que les armoires des magicien(ne)s sont bien souvent remplies et que, de temps en temps, après une illumination, on ressort un tour bien caché parce que l’on a trouvé le contexte pour le présenter à vous, public ! En espérant que cela soit pour votre plus grand plaisir à vous… et à nous aussi !